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Les remèdes de nos campagnes à la ville
Se plonger dans un ouvrage sur les plantes
médicinales constitue un véritable bonheur. Rien
qu’en lisant leurs pouvoirs, on se sent déjà
beaucoup mieux. Leur nom est doux (nielle des blés
ou dauphinelle), savoureux (figue de barbarie ou
guimauve) ou intriguant (bourse-à-pasteur ou belle-
de-nuit). Leur réputation – fondée ou non – en
fait des véritables stars et donne l’impression de
se faire du bien en se faisant plaisir. Une
branche de thym dans les pommes de terre, des
feuilles de sauge sur le rôti, du gingembre dans
les légumes, de l’ail dans le pesto et adieu
douleurs musculaires, herpès, rhume, faible libido,
mal de gorge ou impétigo!
Mais avant de se mettre à la phytothérapie
ou d’envelopper une plaie de grosses toiles
d’araignées comme le faisaient les bergers, mieux
vaut s’en tenir à quelques principes. Ceux donnés
par les auteurs d’ouvrages sur le sujet.
Connaître ses amis
«La première condition pour employer
utilement les plantes médicinales est de les
connaître exactement», écrivait déjà en 1947, bien
avant la mode du jardinet urbain, le chanoine Paul-
Victor Fournier, dans son Dictionnaire des plantes
médicinales et vénéneuses de France. En préambule,
les auteurs se plaisent à citer le célèbre médecin
suisse Paracelse, considéré comme le père de la
toxicologie: «Toutes les choses sont poison, et
rien n’est sans poison; seule la dose fait qu’une
chose n’est pas un poison.» Si elles peuvent faire
du bien, les plantes s’avèrent parfois source de
maux, même à petites doses. Avant de mitonner une
soupe à l’oseille contre les embarras gastriques,
les hémorroïdes ou les maladies de la peau,
vérifiez recette et contre-indications!
Patience et persévérance
Deuxième précaution, prendre ces conseils à
leur juste valeur. «Ces remèdes (ndlr: de bonne
femme) n’ont jamais eu la prétention de tout
soigner. Ils n’avaient pour seule vocation que
d’aider à faire passer les petits maux de tous les
jours, ceux que l’ont dit, avec un certain dédain
aujourd’hui, relever de la «bobologie». Ce savoir-
là n’est en aucune manière à opposer à la
connaissance médicale», rappelle le haut-savoyard
Patrick Breuzé dans son ouvrage Les remèdes de nos
campagnes.
Autre élément bon à savoir, «une
indispensable diversification des moyens mis en
œuvre, écrit Paul-Victor Fournier. Il faut
soigneusement éviter l’accoutumance qui finit par
enlever aux remèdes toute efficacité.» En outre,
se fier aux plantes demande patience et
persévérance. Rares sont celles qui ont une action
rapide et violente et c’est sur la durée qu’elles
déploient leurs effets.
Enfin, il ne faut pas aller bien loin ni
dépenser beaucoup pour se procurer le top 10 des
remèdes. On inscrira, dans le désordre avec une
indication parmi d’autres, l’ortie (une des plus
polyvalentes), la prèle des champs (diurétique et
hémostatique), l’aubépine (cœur et circulation),
le chou (toux et affection des bronches), le
citron (refroidissements), la menthe poivrée
(plante digestive), le millepertuis (vulnéraire
indiscutable), le vinaigre (antiseptique), la pomme
(régulateur intestinal), le persil (beauté et
libido). Facile non?
Source : www.tdg.ch
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