TROUVEZ TOUT SUR CE SUJET
Déversement pétrolier en Alberta : « une exception » de plus en plus courante...
Ce vendredi, je me suis rendu sur le site
du dernier déversement de pétrole ayant frappé
l'Alberta le 7 juin. Ce que j'ai vu là-bas
ressemble à une zone sinistrée, décimée par le
pétrole. Sur des kilomètres, tout le long de la
Red Deer river, on peut voir des nappes
de pétrole et des reflets d’hydrocarbures à la
surface de l’eau. L'odeur dans l'air est
nauséabonde et toxique et les dommages liés à ce
déversement s’étalent sur des kilomètres.
On parle de 160.000 à 480.000 litres
de pétrole déversés dans l'environnement
suite à un bri survenu sur un des pipelines
appartenant à Plains Midstream Canada Ltd. Le
déversement n'a pas été détecté par la compagnie,
mais par des résidents incommodés par les vapeurs
nocives. Le pétrole s'est déversé dans le
ruisseau Jackson, puis a rapidement fait son
chemin jusqu’à la rivière Red Deer ; une rivière
qui, en plus d'être l'un des principaux cours
d'eau de l'Alberta, est la source
d'approvisionnement en eau potable des quelques
91.000 habitants de la ville de Red Deer, située
en aval, à qui on a distribué des bouteilles
d'eau, ... en attendant.
Les dégâts de ce déversement sur le milieu
naturel restent à déterminer, mais déjà, on signale
plusieurs cas de poissons et d’animaux morts
couverts de pétrole brut. Les impacts se feront
probablement sentir pendant des années.
« Ce que j'ai vu là-bas ressemble à une zone
sinistrée, décimée par le pétrole. »
Bien qu’il s’agisse du deuxième déversement pour
la compagnie Plains Midstream Canada Ltd à
seulement une année d’intervalle, et que ce
déversement se trouve être parmi les plus
importants de l’histoire de l’Alberta, la
première ministre de l’Alberta, Alison Redford, a
cependant préféré parler d'« une exception » pour
qualifier cette catastrophe.
« Une exception », si on oublie la fuite de
pétrole ayant eu lieu il y a moins d’un mois
depuis une installation de Pace and Gas Ltd. «
Une exception » si on omet également que durant
l’année 2010, il y a eu en tout 687 bris de
pipelines signalés, la majorité des fuites ayant
eu lieu en Alberta, ce qui a abouti au
déversement de 3416 mètres cube d'hydrocarbures
dans l’environnement, les cours d’eau. Dans la
plupart des cas, la cause était la corrosion
interne ou externe ou les dommages dûs à la
construction.
La première ministre a aussi déclaré que bien
que le déversement soit un incident malheureux,
l'Alberta est « reconnue internationalement »
pour la « rigueur de sa réglementation ».
Jetez un coup d’oeil à ces photos et jugez par vous-
même de la rigueur de la réglementation
environnementale albertaine.
Avec le projet de loi C-38, le gouvernement
fédéral cherche à vider de sa substance la
législation environnementale du Canada dans le
but d’accélérer et de faciliter l'approbation des
grands projets énergétiques, comme les pipelines.
Avec ce projet de loi, nous sommes presque
assurés que les déversements deviendront monnaie
courante.
Quand il s'agit de pipelines, la question n'est
pas de savoir si une fuite va avoir lieu, mais
quand. Le fait qu’une fois encore l’alerte ait
été donnée par les résidents, et non la compagnie,
en dit long sur les capacités de réactivité de
celles-ci.
C'est pourquoi nous nous battons avec
acharnement et travaillons avec des groupes et
des personnes à travers le pays pour mettre un
frein aux projets de construction de nouveaux
pipelines d’Enbridge et de Kinder Morgan.
Nous espérons que vous vous
joindrez à nous.
Ajoutez un commentaire... Facebook