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L’hiver et la baisse d’énergie
Chaque année, l’hiver semble de plus en plus long. Il n’en finit plus de finir. Notre énergie, elle, s’éteint à petits feux. Les mois de février et mars sont un cauchemar pour la majorité d’entre nous: teints blafards, fatigue chronique, les québécois ne sont pas beaux à voir. Mais qu’en est-il vraiment: notre fatigue est-elle psychologique ou réelle? Existe-t-il une recette miracle pour garder le moral et la forme? Nos quatre nutritionnistes font le point sur la question.
Les gens que vous rencontrez dans votre pratique
traversent-ils vraiment une baisse d’énergie pendant cette saison-ci?
La réponse est unanime. Corinne Sukosd explique: “Définitivement oui. Tout le monde traverse une baisse d’énergie durant cette saison. La cause est naturelle: la baisse d’énergie fait partie du cycle rythmique du corps humain, le rythme du corps étant intimement lié au cycle des saisons. Au printemps, la nature renaît et le corps renouvelle pareillement son énergie. L’été est la saison de la création et de la vitalité: le corps traverse également une période d’énergie intense. Puis arrive l’automne, période de déclin et de ralentissement. L’hiver, enfin, correspond à l’époque de l’hibernation où l’énergie est à son minimum. Chaque saison est divisée de manière égale. La terre nous indique donc comment nous devons, à son image, diviser notre énergie. Nous devons prendre conscience de notre appartenance à ce cycle naturel de la vie.” Francine Dallaire renchérit: “Les être vivants devraient suivre le rythme de la nature, mais ils ne le font pas. Avec l’arrivée de l’hiver, les journées sont plus courtes et nous devrions donc nous coucher plus tôt. Mais nous ne ralentissons pas notre rythme effréné. Conséquence: nous subissons une baisse d’énergie. Nous vivons comme si nous n’avions pas d’hiver et, pourtant, pour lutter contre le froid, on a précisément besoin de plus de repos!” Certaines personnes sont plus touchées que d’autres. Pour Marie-Nicole Chabot : “C’est surtout les gens de type été, comme les béliers, les sagittaires et les lions, ainsi que les personnes âgées qui connaissent un épuisement important. Leur feu baisse. Chez certains, la baisse d’énergie commence dès novembre, avec le raccourcissement des journées et la baisse de lumière. Ils luttent tellement qu’arrivés en février ou mars, ils sont complètement épuisés.” Pour Madeleine Houle, toutefois, c’est surtout le facteur psychologique qui est en cause: “Si les gens ressentent une baisse d’énergie, c’est parce qu’ils ont été programmés pour ça. Ils s’attendent tellement à être fatigués que la baisse d’énergie devient réalité.”
Pour ceux et celles qui ne peuvent se payer un voyage
dans le Sud, existe-t-il des palliatifs au manque de soleil?
La solution de Francine Dallaire est pleine de bon sens: “Il faut profiter du soleil quand il est là. Même s’il ne s’agit que de quinze minutes par jour, c’est suffisant pour s’oxygéner. On peut aussi consommer de la vitamine C, une vitamine qui agit sur le stress et le système immunitaire, en synergie avec de la vitamine D, normalement fournie par le soleil.” Corinne Sukosd préconise également l’air frais: “Ce n’est pas tant l’absence de soleil qui pose un problème mais l’absence de lumière naturelle. Il est donc important de sortir à l’extérieur et de faire du sport. La lumière naturelle élève l’esprit et nous revitalise naturellement, qu’il y ait du soleil ou non. Par ailleurs, il faut accepter le cycle naturel des saisons et non plus le combattre. La baisse d’énergie ne devrait pas nous déprimer mais bien nous servir de prétexte pour ralentir.” La vitamine D du soleil peut être prise dans certains aliments. Madeleine Houle suggère: “Le foie, le thon, les sardines et le jaune d’oeuf sont d’excellentes sources de vitamine D. Bien sûr, il existe des lampes solaires, mais c’est là un luxe qui n’est pas à la portée de tout le monde. Le meilleur palliatif au manque de soleil, c’est le soleil intérieur: notre attitude face à l’hiver peut faire toute la différence.” Marie-Nicole Chabot poursuit le raisonnement et propose quelques solutions pratiques: “Il faut travailler sur la chaleur humaine. Les massages au niveau des vertèbres cervicales, à l’aide d’huile d’orange, de lavande ou de sauge, servent précisément à stimuler et réchauffer les personnes, c’est-à-dire à remonter leur feu. La réflexologie, le shiatsu, le tai-chi ou le do-in sont des activités qui vont également nous stimuler. Pour créer une chaleur, on peut tout simplement porter des couleurs plus chaudes, comme le jaune, une couleur que les gens portent trop peu cette saison. ”.
Que suggéreriez-vous comme aliments fortifiants ou tonifiants pour ce temps de l’année?
Chacune a son aliment de prédilection. Pour Marie-Nicole Chabot: “Les algues marines sont vraiment ce qu’il y a de plus complet. Elles sont remplies de minéraux et d’oligo-éléments. Ceux qui n’assimilent pas les algues peuvent aussi prendre du pollen, également riche en oligo-éléments. Par ailleurs, il est important de manger des aliments yang (plus épicés) afin de stimuler notre feu: piments forts, piments verts, courges, poissons, escargots et crabe.” Madeleine Houle vante aussi les oligo-éléments mais favorise d’abord les céréales complètes: “Les lentilles, les haricots et les pois chiches sont une source importante de protéines, lesquelles sont indispensables si l’on veut lutter contre le froid.” Pour Francine Dallaire, ce sont les betteraves et les germinations qui ont la meilleure cote. “Les racines, comme la betterave, sont pleines de glucose et nous donnent l’énergie nécessaire pour bien répondre au froid. Les jeunes pousses sont aussi très revitalisantes: durant la germination, elles décuplent leur valeur nutritive. Les pousses de tournesol et de radis, par exemple, aident à nettoyer le foie. Et quand le foie va bien, on est nettement moins fatigué.” Corinne Sukosd quant à elle, préconise une combinaison d’ail et d’oignons: “L’ail et les oignons constituent une source naturelle d’antibiotiques. Ils nous aident à lutter contre toutes les infections. Il est aussi essentiel de se nourrir de racines, de légumes d’hiver, telles la pomme de terre et la carotte. Il ne faut pas s’obstiner à chercher des aliments propres à l’été, comme la laitue ou les fruits. La nature nous fournit, en temps et lieu, tout ce dont on a besoin.”
Les vitamines ou suppléments alimentaires peuvent-ils jouer un rôle positif?
Toutes les quatre s’accordent pour souligner que les suppléments doivent être accompagnés d’une saine alimentation. Madeleine Houle précise: “Il ne faut pas se bourrer de vitamines mais changer d’abord ses habitudes alimentaires. Une fois nos habitudes changées, une multi-vitamine par jour est indispensable. En effet, même avec la meilleure alimentation du monde, le stress vient toujours créer des carences”. Corinne Sukosd vante la valeur des vitamines antioxydantes: “Les vitamines A, B, E et C servent à renforcer le système immunitaire. On peut commencer à en prendre tous les deux jours, dès le mois d’octobre. Mais il faut être conscient que le stress agit lui aussi sur le système immunitaire. Il faut donc accepter l’hiver en tant que partie intégrante du cycle naturel des saisons. C’est avec un ajustement mental que l’on réduira véritablement nos sources de stress.” Francine Dallaire préconise toute une série de suppléments naturels: “Le pollen d’abeille, tout d’abord, est l’aliment qui contient la plus grande concentration de vitamine B, laquelle agit directement sur notre système nerveux. La chlorophylle liquide, riche en magnésium, facilite l’élimination. La mousse d’Irlande nourrit la glande thyroïde. Enfin, la cayenne en capsule sert aussi d’énergisant”. Le mot de la fin revient à Marie-Nicole Chabot, qui, tout en reconnaissant l’utilité des vitamines, déclare avec philosophie: “Il ne faut pas désespérer car l’été finit toujours par arriver!” Qu’on se le dise!