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QUELLE NATUROPATHIE POUR DEMAIN ?
Édition septembre 2004
Un texte de Robert Masson, nd



La naturopathie a commencé avec l’aube des temps. Lorsqu’un individu ayant trop mangé fit un jeûne spontanément, lorsqu’un vieillard s’appliqua des boues chaudes sur ses articulations « usées », quand un guerrier posa des herbes aromatiques sur ses plaies infectées, etc…

La naturopathie a toujours été présente au cours de l’évolution humaine.

Pendant cette évolution, des hommes en firent leur métier et comprenant l’importance d’une fonction de l’organisme, l’élimination, ils « mettaient » les malades dans des conditions où cette fonction s’effectuait le mieux :

Jeûne + repos pendant 1 à 3 jours.

Cela donnait et donne en général de très bons résultats.

Plus tard, au cours des siècles, on voulut forcer les éliminations par des saignées, des lavements, des caisses de sudations, etc.…

Cela pût se justifier pour des individus pratiquant des repas pantagruéliques et physiquement inactifs mais de quels désastres physiologiques ces pratiques ne furent-elles pas responsables lorsqu’elles s’appliquèrent à des individus déjà en mal- nutrition ou sous-nutrition ?

Notre 20e siècle a vu se multiplier chez les naturopathes des pratiques visant à forcer les éliminations…

C’est vrai que les sangsues derrière les mastoïdes, lorsqu’une personne était frappée par l’ictus cérébral et l’hémiplégie, se justifiaient.

C’est vrai que les sudations (caisses, saunas, etc.) pouvaient être préconisées à l’urémique car dans ce cas précis (et pas dans d’autres maladies), la peau « prend le relais » des reins épuisés.

C’est vrai aussi que les irrigations coloniques faites par un spécialiste dans le cas de fécalome (concrétion de matières fécales stagnant dans le colon) étaient peut être nécessaires aussi.

Enfin de longs jeûnes (plus de 10 jours) ont pu sauver d’un infarctus menaçant, de l’arthrose, de l’obésité, des individus pléthoriques à l’extrême et ne présentant aucune « tare » organique…

Ces pratiques draconiennes ont peut être été utiles voire salvatrices…

Oui, mais l’homme de l’An 2000 a bien changé…

Le naturopathe n’a plus à soigner ces « braves malades » congestifs, pléthoriques, enraidis, sclérosés, ayant un « fond vital » et une santé de base défiant notre entendement et sur lesquels les drainages, tous les drainages, faisaient merveilles…

Non, l’homme actuel en moins d’un siècle s’est profondément modifié. Il subit les médications iatrogènes, les radiations diverses, les vaccins, la course contre la montre, l’inactivité physique, les champs électromagnétiques, le travail à la lumière artificielle ; les enfants ont pour « parents » le frigidaire, la télévision et les jeux vidéos, tout sauf l’essentiel : leur mère, leur père, la nature…

L’individu désaxé, sans repaires, a perdu sa « force native », sa personnalité et son immunité.

Ces « nouveaux » humains sont passés en un « rien de temps » de la pléthore ou de la sous-nutrition pour certains à des pathologies d’épuisement.

Non pas que les déséquilibres alimentaires de sur-nutrition (diabète, obésité, certaines hypertensions, etc.) aient disparus, bien au contraire mais aujourd’hui le naturopathe est principalement confronté aux pathologies suivantes :

· Iatrogénisme galopant (4e cause de mortalité aux États –Unis)
· Insomnie, dépression, angoisse, épuisement nerveux
· État de « patraquerie » avec examens de laboratoire et cliniques normaux ou sub-normaux (c’est psychique dit-on).
· Déséquilibre endocrinien dû au surmenage nerveux et psychique. La femme « libérée » doit faire « deux journées dans une ».
· Chute immunitaire par le stress, l’insomnie, les carences en oligo-éléments et le non-stop alimentaire.
· Dysfonction : carence ou excès hormonal, carence enzymatique des plus diverses.
· Maladies virales nouvelles
· Angoisse du lendemain
· Etc.

Là, il ne sert plus à rien, sinon à aggraver, de donner des régimes de pénitenciers, d’envoyer 50 à 100 litres d’eau dans l’intestin ou de faire suer les gens dans tous les sens du mot…

La Naturopathie du 21e siècle devra certes drainer les individus poly-intoxiqués par les molécules de synthèses, les drogues diverses, avec des jeûnes ou des diètes très courtes mais surtout en s’appuyant sur la phytothérapie précise activant tel ou tel émonctoire.

Il devra donner des conseils de nutrition bien sûr, mais en mettant aux oubliettes les insultes à la physiologie que sont les régimes aberrants et autres ségrégations alimentaires.

Il devra tenir compte de l’inestimable apport classique, l’équilibre alimentaire, mais aussi de l’individualisation en fonction de nombreux paramètres en général et de la physiologie digestive en particulier.

La gastronomie intelligemment mesurée retrouvera la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre comme facteur de santé.

Par l’utilisation des compléments alimentaires vrais (pop, pollen, prêle, germe de céréales, etc..) et non pas par les macrodoses de vitamines artificielles, il palliera les carences particulières de l’alimentation actuelle.

Par les oligo-éléments spécifiques (cuivre-or-argent, manganèse-cobalt, zinc-cuivre, etc.) il rétablira les équilibres fonctionnels perturbés.

Par l’organothérapie diluée et dynamisée, il agira très finement sur les hyper et les hypo fonctionnements sur les déséquilibres endocriniens, les maladies auto-immunes qui se généralisent…

Bref, la toxémie, la toxilymphémie, la rétention toxinique sont loin d’être toujours responsables de la pathologie.

Nous sommes passés des gros « encombrements » caloriques et toxiques à un épuisement psycho- neuro-endocrino-immunitaire en rapport avec l’absence de contact avec la nature, ses photons, ses ions négatifs, ses parfums et l’agression par les champs électromagnétiques, les molécules de synthèses, la course contre la montre, l’insomnie et le manque d’espérance.

Bref, le naturopathe doit descendre de son bulldozer pour prendre les outils de l’orfèvre.

La naturopathie, médecine étiologique, se doit de subir une profonde métamorphose, enrichie par les apports de la physiologie, ouverte sur un monde en recherche de la finalité perdue ; elle se doit d’intégrer les biothérapies du 21e siècle si elle ne veut pas s’abîmer dans le néant.

C’est alors qu’elle sera pour toujours et encore une main tendue vers l’homme et sa souffrance.

C’est ce courant de naturopathie que nous avons la rude et noble tâche de représenter.


Pour contacter l'auteur :
Robert Masson, nd
naturopathie@robertmasson.com
www.robertmasson.com

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(1) Commentaires

MERCI
Trés belle et juste synthèse... Naturopathe en début d'activité, j'aurai aimé trouver cette approche naturopathique dans l'école que j'ai suivi durant 3 ans... en tout cas merci de faire passer de tels messages, la naturopathie en a plus que besoin...

Rédigé par : isanature
Association nationale des naturothérapeutes

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