espace
Académie d’Ostéopathie de Montréal Association Can-Américan des massothérapeutes Association des hypnologues du Québec Association nationale des naturothérapeutes Association Québécoise des Ostéopathes Beaucage Mercedem Assurances
CFCHQ Centre Homéopathique du Québec École de formation en hypnose Francine Boisvert École de Formation Professionnelle en Hypnose du Québec Les Laboratoires VACHON Ordre canadien des praticiens de naturopathie et des naturothérapies
espace
Google

Accueil   •   Répertoire des fournisseurs de soins   •   Rubriques   •   Événements   •   Lexique des naturothérapies   •   Espace client
Gazette des thérapeutes   •   Nouvelles   •   PSN (produits santé naturels)   •   Vidéos   •   Livres/CD/DVD   •   Conseils d'experts   •   Recettes
Gazette des thérapeutes » Psychothérapie
TROUVEZ TOUT SUR CE SUJET
FOURNISSEURS DE SOINS ARTICLES NOUVELLES VIDÉOS LIVRES/CD/DVD ÉVÉNEMENTS PSN (Produits santé naturels)

DU MÊME AUTEUR
Tous les textes de l'auteur »
L'autre versant de l'arme
Édition mai 2007
Un texte de Sylvie Bergeron



image
Trente-trois morts à l'université Virginia Tech contre un individu qui dérape. Ces dernières années, les psychologues se sont penchés sur ce genre de tragédies qui frappent nos sociétés pour mieux comprendre le comportement de jeunes désespérés. Ils ont répertorié en cinq les facteurs qui poussent un jeune à tuer à l'école : la frustration, le sentiment d'être victime, la solitude, un élément déclencheur et une arme puissante. Malgré cette explication, nous ne pourrons jamais éviter un tel désastre humain.

En réalité, ce drame en cache un autre : l'ignorance de soi. Tant d'enfants sont laissés à eux-mêmes sans explication sur le sens profond de la vie. Les parents prisonniers de la roue de consommation transmettent bien souvent à leur insu des rêves dont la prochaine génération aura à mesurer l'absurdité. La surproduction étouffe la terre et le nombre d'heures de travail en croissance éloigne les êtres d'eux- mêmes : ils appartiennent à une entreprise plutôt que d'apprendre à s'appartenir.

Qu'est-ce qui nous conduit vers ce rythme effrénée de consommation ? L'insécurité financière et affective. Comment un jeune peut-il avoir envie de se connaître si ses propres parents ne se préoccupent pas de s'appartenir ? Le manque d'identité nous empêche de voir toutes les dimensions du Soi, surtout invisibles. Il nous fait douter de nos capacités d'autonomie, de notre valeur, c'est pourquoi nous préférons gagner toujours plus d'argent comme gage de notre valeur intérieure. Rares sont ceux qui se supportent eux-mêmes en tant qu'êtres, en toute intégrité. Ils sont souvent mal vus, considérés bizarres. Pourtant, on les envie. De fait, si on apprenait aux jeunes à se découvrir psychiquement et mentalement, la société serait moins malade. Au lieu de ça, nos enfants connaissent leurs couleurs et leurs groupes de musique préférés, les aliments qu'ils aiment, les vêtements qui leur vont bien, ils savent se donner un style ou une personnalité, autant d'enrobages qui plaisent au goût du jour et donnent l'impression d'être fort. Connaître leurs goûts est devenu le fondement de leur identité... Mais ils ignorent ce qu'est une personne réelle.

Évidemment, si la majorité des parents priorise la vie de consommation pour offrir un style de vie matériel réconfortant à leurs enfants, qui aura envie de délaisser ce confort apparent pour s'apercevoir qu'à l'intérieur, tout est précaire lorsqu'on ne se connaît pas ? Chez le jeune, la frustration vient du fait de se comparer aux autres et de ne pas pouvoir parvenir à montrer qu'il peut être comme eux. Est-ce différent chez les adultes ? Non. Lorsque les frustrations s'accumulent, elles tournent à la désillusion. Que fait un adulte désillusionné ? La même chose que le jeune : il se sent victime et cette diminution l'isole. On appelle ça la crise d'adolescence ; chez l'adulte on s'empresse de parler de dépression. Isolé, l'être s'affaiblit, les tuiles s'accumulent et survient la catastrophe. Chez le jeune, ce peut être un échec scolaire, le rejet d'amis, chez l'adulte, la perte d'un travail, d'un conjoint… Après, tout dépend sur quel versant de notre être nous allons tomber.

Le désir de se venger, de rester ignorant de soi, victime de désirs qui nous propulsent vers l'intolérance puis vers une colère progressivement incontrôlable ; ou le désir d'évoluer, d'apprendre à reconnaître quelles sont ces forces invisibles qui nous poussent à la compulsion, au doute, à la peur. Mais d'où vient ce désir de se connaître ? Soit d'une hypersensibilité soit… de la frustration, de la désillusion, du sentiment d'être victime, de la solitude, d'un choc.

Le jeune braque son revolver pour répliquer à l'arme de ses pairs : leur personnalité brillante. Devant un jeune désillusionné, sous le choc et prêt à tirer, le charme de ces personnalités meurt instantanément. Le tueur atteint l'euphorie de la vengeance, satisfaction suprême ; n'ayant pu voler l'identité aux autres, source de sa souffrance, il la détruit. L'autre versant de l'arme, incommensurablement plus puissant, est la connaissance de soi. C'est elle qui nous apprend la maîtrise de nos forces chaotiques. Or, tout individu conscientisé passe par des épreuves pour développer sa force intérieure : la frustration, la désillusion, la solitude et le choc…

Avoir de l'identité, c'est s'apercevoir que notre puissance ne provient ni d'une arme ni d'une personnalité toutes fabriquées à même le béton de l'ignorance. Avoir de l'identité met en action une force intérieure insoupçonnée qui nous fait cesser de douter. Pourquoi ne pas apprendre à nos enfants à se mesurer à eux-mêmes plutôt qu'à se diminuer face aux autres ? Leur dire que nous vivons dans un monde rempli de mensonges, que notre société de consommation est à la fois le plus grand piège mais aussi le plus grand terrain de jeu où exercer notre conscience créative ? Apprenons à nos enfants qu'on ne gagne pas tous les jours, que la plupart du temps, c'est la vie ordinaire qui l'emporte sur l'enthousiasme de succès éphémères et qui les met face à une seule responsabilité : entrer en contact avec eux-mêmes pour s'appartenir.

Mais comment transmettre à nos enfants quelque chose que nous osons à peine pratiquer nous-mêmes ? Quand nous acceptons d'être dominés par les lois du marché, quand nous choisissons d'ignorer ce que nous sommes pour ne pas perdre l'amour des autres, qu'envoyons-nous comme signal à nos jeunes ? Comment pourront-ils comprendre l'importance de se respecter eux-mêmes et avoir du respect pour l'autre ? Observez à quel point nos jeunes ont de l'admiration pour les adultes intègres et combien ils écoutent ce qu'ils ont à leur transmettre.

Tous n'ont pas la chance d'avoir un encadrement familial équilibré, tous n'ont pas la chance d'avoir des parents à l'écoute d'eux-mêmes, tous n'ont pas de guide pour les diriger vers leur identité réelle, l'autre versant de l'arme. Mais tous, nous devons passer par la souffrance et la solitude pour nous connaître. Alors, si vous rencontrez un être isolé par la frustration et la désillusion, dites-lui qu'il est sur le point d'apprendre à se connaître. Dites-lui que ce sera le plus beau choc de sa vie.

Sylvie Bergeron a publié plusieurs ouvrages de psychologie évolutionnaire dont
La quête du détachement, Vers notre face cachée (I et II), L'amour dévoilé , etc .

Pour contacter l'auteur :
Sylvie Bergeron
www.sylviebergeron.com

« Retour     Haut
Association nationale des naturothérapeutes

annuaire