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Un travail émotionnel
L’antigymnastique Thérèse Bertherat
Nous avons tous une histoire émotionnelle qui est
propre à chacun. Cette histoire a laissé des traces
dans notre corps. Toutes les émotions que nous avons
refoulées, les soucis et les difficultés que nous
avons vécus, ont créé des tensions qui se sont logées
au plus profond de notre musculature. Au fil des ans,
nos muscles se contracturent sous le poids des
tensions qu’ils ont accumulées, et c’est ainsi que
notre corps se modifie, change et se déforme. «Pour
nous conformer, nous nous sommes déformés», nous dit
Thérèse Bertherat*. Cela se passe sans que nous en
ayons pleinement conscience. Cependant, arrive le
jour où certaines parties de nos muscles ne bougent
plus, pris dans une gaine de tensions, ils deviennent
des zones mortes. Et là, nous commençons à ressentir
un certain inconfort, une fatigue, voire même de la
déprime. Notre corps nous échappe et le pouvoir sur
notre vie aussi, car nous l’habitons d’une façon
fragmentaire. Heureusement, il n’est jamais trop tard
pour délier les rigidités musculaires, pour habiter
pleinement notre maison qui est notre corps et
récupérer le pouvoir sur notre vie. Si nous voulons
changer notre état, il est nécessaire de prendre le
temps de s’observer, d’être en contact avec ses
rigidités musculaires, de noter certaines
déformations qu’on n’avait jamais remarquées, d’en
analyser le pourquoi et le comment. «Toute rigidité
musculaire contient l’histoire et la signification de
son origine. Sa dissolution, non seulement libère
l’énergie, mais ramène à la mémoire la situation
infantile même où le refoulement a eu lieu», Wilhem
Reich*. En déliant nos rigidités musculaires, les
sensations réprimées et endormies de notre corps
s’éveillent, des nouvelles perceptions, autres que
visuelles, se développent et nos blessures
émotionnelles se cicatrisent.
Mais comment délier les rigidités musculaires? Grâce
aux mouvements créés par Thérèse Bertherat et qui
portent le nom de préalables. Les préalables
pratiqués en antigymnastique T.B. ont leur origine à
l’intérieur de nous. La plupart se pratiquent à plat
dos au sol et certains debout ou assis. Pour exécuter
certains d’entre eux, nous utilisons certaines balles
(de liège, de tennis et de mousse) ainsi que de
petites baguettes de bois d’environ 2 à 3 cm de
grosseur.
Tous les préalables que nous pratiquons ont une seule
préoccupation, celle d’apporter de la longueur à
cette chaîne musculaire postérieure qui se trouve
derrière notre corps et qui part de la plante des
pieds jusqu’au crâne. Elle a été découverte grâce aux
observations rigoureuses de Françoise Mézière. Les
muscles de la chaîne musculaire postérieure sont plus
nombreux, plus fibreux et plus forts que ceux de
devant. Ils sont sans cesse sollicités. D’ailleurs,
tous les gestes quotidiens, nous les faisons avec la
force des muscles du dos. Ils ont une tendance à se
contracturer naturellement et souvent à cause des
tensions qui se ramassent là derrière dans le dos; il
se contracturent davantage et par conséquent, se
raccourcissent. Savez-vous que tous les soucis, les
tensions, le poids des habitudes sont enfouis là,
derrière, dans le dos?
Ainsi, bien des solutions à nos maux se trouvent là
derrière dans le dos. Donner de la longueur à nos
muscles postérieurs devenus douloureux à cause des
pressions (familiales, sociales et morales) qu’ils
ont subies, ne peut que leur rendre service. Séance
après séance, grâce aux préalables, nos muscles se
réjouiront, ils gagneront en longueur, notre corps se
redressera, les articulations se déverrouilleront et
reprendront leur axe idéal. La respiration
redeviendra ample et naturelle, le corps retrouvera
le juste équilibre et l’harmonie des formes et nous
ressentirons un mieux-être.
«Notre corps semble garder à jamais la mémoire de sa
forme idéale, nous dit Thérèse Bertherat. Même
tordus, même déformés, nos muscles restent
malléables. Et, ils sont capables, à n’importe quel
moment de leur vie, de retrouver leur perfection.
L’Antigymnastique est tout simplement un moyen de les
mettre sur la voie.»
A qui s’adresse l’antigymnastique?
Le travail en antigymnastique T. B. s’adresse à tous
ceux et celles qui ont des courbatures, des problèmes
de dos, qui éprouvent une fatigue constante. Et à
tous ceux et celles qui désirent en savoir un peu
plus sur eux-mêmes et qui sont prêts à se remettre en
question pour améliorer la qualité de leur vie.
Les séances:
Pour commencer, un entretien est accordé à chaque
participant.
Les séances de groupe (5 à 6 personnes) durent 1
heure et demie, sur une période de 10 semaines. Mais
avant de s’inscrire à un groupe, chaque participant
reçoit 3 séances individuelles.
Martine Veilleux
Praticienne en Antigymnastique Thérèse Bertherat,
diplômée
Membre de l’Association française Antigymnastique
Thérèse Bertherat
Tél.: (514) 342-5203
* extrait du livre
Le Corps a ses
raisons, de Thérèse Bertherat, publié Ed. du
Seuil.